"Que celui qui croit en Dieu et au Jour dernier dise du bien ou se taise.*"
Ce hadith découle de la faculté exclusive qu'avait le Prophète d'exprimer beaucoup d'idées en peu de mots, et participe des merveilles de la sagesse prophètique, car recelant ce qui assure tant l'homme que la société contre les maux de tou genre.
Le début du hadith, "Que celui qui croit en Dieu et au Jour dernier", suggère le contrôle permanent qu'excerce Dieu sur l'homme, lequel est comptable de ses oeuvres le Jour de la Résurrection ; ainsi le croyant en ce jour doit-il dire du bien ou sinon observer le silence.
L'on remarque que le Prophète établit un rapport entre le silence, l'abstinence de tout propos déplacé, et la foi en Dieu et au Jour dernier. Veillant à être croyant et à le demeurer toute sa vie durant, le musulman est poussé à se conformer à ce hadith dans l'espoir d'être au nombre des croyants.
Cela dit, Dieu exalté nous informe qu'Il a, pour chaque humain, préposé deux anges qui enregistrent ses actes et paroles dont il aura à rendre des compte au Jour de la résurrection :
"L'homme ne profère aucune parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l'inscrire." (50,18)
Le véritable croyant est donc celui qui, avant de parler, mesure ses propos à l'aune de la raison. S'il a la certitude que ses paroles sont bonnes, ne renfermant pas l'ombre d'un préjudice ou d'un mal, il peut alors les prononcer, sinon s'impose à lui le silence, lequel est plus profitable car il assure à l'homme le salut et le prémunit contre les écarts de sa langue.
Le croyant est celui qui retient sa langue ; Il ne ment pas, ne maudit pas, ne calomnie pas, ne médit pas et se tient à l'écart du verbiage. Le Prophète a dit :
"Le croyant ne met en doute la généalogie de personne, il ne maudit personne, et il n'est ni obscéne ni grossier."
Le croyant ne parle que pour dire du bien : recommander ce qui est communément reconnu comme relevant des bons usages et désapprouver ce qui est blâmable, ordonner l'aumône, ramener l'accord entre les gens. Car telles sont, au regard du Coran, les bonnes paroles :
"Il n'y a rien de bon dans beaucoup de leurs conversations secrètes sauf s'il s'agit d'ordonner une aumône ou une action de bien ou une réconciliation entre les gens. Celui qui fait cela à la recherche de la satisfaction de Dieu, Nous lui apporterons un salaire immense " (4,114)
En outre, il est des paroles qui provoquent le courroux de Dieu, en raison de leurs effets désastreux pour autrui ; à ce sujet le Prophète a dit :
" L'homme prononce certainement un mot sans bien y réfléchir et ce mot le fait glisser dans le Feu plus loin que la distance qui sépare l'Orient de l'Occident **."
Ici le Prophète nous met en garde contre les paroles que nous proférons sans prendre la mesure de leurs conséquences néfastes ; ainsi en est-il de l'accusation de fornication jetée aux hommes et aux femmes ou de la calomie qui altère les rapports entre amis et les proches et sape les liens de parenté ou de la parole qui sème la haine.
Ainsi, personne ne doit sous-estimer le danger de la mauvaise parole, surtout lorsqu'elle est relayée par les médias. Combien de fois la mauvaise parole a-t-elle enflammé les sentiments, divisé la communauté, provoqué le fanatisme confessionnel et régionaliste et conduit à l'effusion du sang !
* Al-Bukhârî et Muslim
** Muslim
La Sagesse du Prophète Commentaire de hadiths , 'Afîf 'Abulfattâh Tabbâra
"La bonne parole" p 97-99 Edition Maison Ennour
Wa salamou alaykoum wa rahmatoullah wa barakatouh